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Retraite
Gestion de Fortune
– Juillet 2012

 

Des solutions d'épargne individuelle

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Préparer sa retraite avec l’épargne individuelle passe par plusieurs voies. Le conseiller en gestion de patrimoine a un vrai rôle à jouer dans l’orientation de l’épargnant. Notamment auprès des jeunes actifs. Le baromètre TNS-Amundi sur les jeunes actifs et la retraite 2012 révèle que 63 % des 25-34 ans attendent de leur conseiller financier une information sur les solutions retraite. Ils placent cet interlocuteur devant l’Etat (52 %) et leur employeur (48 %). Avant toute chose, il faut réaliser un diagnostic retraite. « Si le client est proche de son départ en retraite, on peut faire une évaluation précise de ses revenus à venir, en utilisant des outils tels que www.marvel.fr. Par contre s’il en est encore loin, nous sommes obligés de ne faire que de vagues estimations. En effet, on ne peut savoir quel sera le niveau des derniers salaires ni le taux de remplacement auquel il sera confronté », explique Yves Gambart de Lignières, conseiller en gestion de patrimoine indépendant chez De Lignières Patrimoine. L’objectif est de déterminer le montant des revenus complémentaires nécessaires au maintien d’un certain niveau de vie. Pour cela, il convient de se poser un certain nombre de questions : anticiper le décès du conjoint avec la plus forte retraite et vérifier si le survivant pourra bénéficier de la pension de réversion du régime général ; anticiper une dégradation de sa santé en intégrant le surcoût éventuel d’une maison de retraite ; étudier l’intérêt du cumul emploi-retraite ; etc. ». Certaines solutions sont rentrées dans les mœurs. L’acquisition de la résidence principale est bien souvent le premier pas de l’épargnant. Le raisonnement est simple : cela lui évitera le paiement d’un loyer le jour où ses revenus baisseront. Ensuite, l’assurance vie et les investissements en immobilier locatif sont plébiscités pour leur souplesse : l’un comme l’autre procureront des revenus complémentaires et un capital relativement disponible...

Avec la baisse des rendements des fonds en euros de l’assurance vie et la pression fiscale subie par les revenus fonciers, les divers véhicules d’épargne dédiés à la retraite pourraient trouver leur place. Mais ces produits imposent une sortie en rente, ce qui n’est pas au goût de tout le monde. « Avec la rente viagère, le client est totalement lié à l’assureur. C’est ce dernier qui décidera de la revalorisation des arrérages, de l’allocation d’actifs, etc. Une rente viagère peut correspondre à certaines situations mais bien souvent, elle répondra plus à un objectif psychologique qu’à une vraie réflexion financière. De plus, dans le contexte actuel où l’on se pose des questions sur la sécurité des fonds en euros, il faut souligner que la rente n’apporte pas plus de sécurité s’il y a un risque sur l’assureur. Pour obtenir des revenus réguliers, un investissement en immobilier locatif meublé sera préféré à des produits de rente. L’imposition de ces revenus en BIC permet d’amortir l’acquisition et, donc, d’en minorer la taxation. Pour les retraités fortement taxés, cette solution est appréciée, même s’il faut rester vigilant quant aux risques de vacance ou d’impayés », explique Yves Gambart de Lignières.
Qu’en est-il alors des avantages patrimoniaux et des contraintes des produits d’épargne retraite ?...

Il n’est pas aisé de savoir quand se positionner sur le Perp. « Si le moment de la retraite est proche, il est trop tard pour investir sur ce type de produit. Et quand on est encore loin de la fin de carrière, ce type de placement peut se révéler dangereux si la surface du patrimoine financier de l’épargnant est faible. Ce type de solution, tout comme le Madelin, répond plutôt à un objectif de diversification. Nous orientons plus souvent nos clients vers les Pep existants ou les PEA, qui bénéficient d’une sortie en rente défiscalisée », explique Yves Gambart de Lignières.

Venus des Etats-Unis, les contrats à annuités variables peinent à s’imposer en France...
Avec leur florilège de garanties, les contrats à annuités variables ne sont pas simples à décrypter...
Pour résumer, les garanties offertes par un contrat à annuités variables sont : un revenu minimum qui peut être revalorisé chaque année selon les contrats, un effet cliquet, mais aussi la disponibilité du capital. En effet, en phase de constitution, les rachats sont possibles. Dans ce cas, le revenu garanti sera réévalué proportionnellement...
...Les simulations réalisées avec différents scénarios économiques ont révélé que les contrats à annuités variables étaient plus intéressants que les rentes classiques dans seulement 20 % des cas. De plus, ces contrats ne réagiraient pas correctement en cas de retour de l’inflation. En effet, le taux de revenu prévu à la souscription n’évoluera pas. Les épargnants risquent donc de rester avec un taux de 4 % alors que le taux obligataire pourrait remonter à 5 ou 6 % par exemple ». « Le client pourrait être très perdant si les marchés n’évoluent pas bien », confirme Yves Gambart de Lignières. Les détracteurs des variables annuities dénoncent également un coût trop important pour l’assuré...
« Au-delà du poids des frais, il faut aussi souligner que les offres actuelles ne proposent qu’une gamme réduite de fonds. Or le CGP préfère les contrats multigestionnaires car il est là pour apporter une valeur ajoutée dans l’allocation d’actif notamment. Et ce type de contrat ne le permet pas. En fait, les variables annuities ressemblent un peu à des produits structurés, complexes et opaques », explique Yves Gambart de Lignières.

Interview parue dans Gestion de fortune.
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